Développement des Établissements Alphonse
Binet
L’industriel Alphonse Binet soucieux de satisfaire à tout
prix aux besoins de la Défense Nationale lors de la Grande Guerre,
prend ses dispositions nécessaires pour doubler ses moyens de
production en province. Les Établissements Alphonse Binet, fondés
en 1904, ont acquis un atelier rue Langlois à Niort vendu en 1916
par Gaston Barré, un constructeur connu de voitures niortaises.
Pour assurer son développement, ils n'ont reculé devant aucun
sacrifice. Malgré cela, les travaux d'installation de l'atelier de
Niort ont été ralentis en raison de la situation de guerre et de
toute sorte de difficultés. La spécialité des Établissements
Alphonse Binet en moteur automobile est la fabrication de pièces de
décolletage consiste essentiellement des pièces métalliques.
Celles des boulons, écrous, vis, goupilles, rondelles, axes,
segments de piston, circlips et toutes autres pièces décolletées.
Ce n'est qu'en 1919 que le rendement de cet atelier pourra être
assuré. Une production qui place les Établissements Alphonse Binet
au premier rang des fabricants de pièces détachées avec les
ateliers de Paris, de Transières-Ambenay (27) et les usines de
Délie et du Pecq (78). (source partielle: “1914-1918
L'aéronautique pendant la Guerre Mondiale”, éditeur Maurice
de Brunoff-1919).
Les changements de conseil
d’administration
Le 1er mai 1930 la « Société Anonyme des Automobiles Barré » est
mise en liquidation. Les Établissements Alphonse Binet achètent le
siège social de Niort de Gaston Barré qui comprend des bureaux et
un magasin, rue Langlois et un atelier rue Bastard-Pradel. Ils
emploient 150 personnes. Son siège social est à Paris.
En 1939, la Société Niortaise de Constructions Mécaniques (SNCM) a
été constituée notamment par les Établissements Binet et la
Société Latil pour construire une usine d’armement avec des
avances de l’État. Elle travaille uniquement pour les
autorités occupantes(1) et réalise des bénéfices importants. Le
conseil d’administration est entièrement remanié en 1941 ne
comprend plus les fondateurs. (source partielle: “L'industrie
automobile: 1905-1971”, par Jean-Louis Loubet, Collection
Archives économiques du Crédit lyonnais).
En 1941, les Établissements Binet de Paris nomme un nouveau
directeur général, Monsieur Pointard. Il réorganise les succursales
en France pour établir un vrai projet commercial et modifie la
raison sociale de l’entreprise qu'il transforme en « Anciens
Établissements A.Binet ». Il garde la succursale de Niort avec sa
fabrication de pièces de décolletage et ne travaille plus pour
l’armement. Il nomme Jacques Claudeville pour la réorganiser
et la diriger.
L’entrée principale rue Langlois est fermée, elle se fait rue
Bastard-Pradel par un hall de réception de marchandises et un
atelier transformé en magasin avec un vaste comptoir et des
bureaux. Un chef magasinier et des magasiniers sont nommées. Un
réseau commercial est mise en place pour le département des
Deux-Sèvres. A la fin de la guerre, dans la France de 1945, le parc
automobile est revenu au niveau de l’année 1930 et la pénurie
est généralisée.
Les Trente Glorieuses de l’automobile
La croissance économique de l'après-guerre est générale à la
production automobile. Elle triple pendant les Trente Glorieuses
entre 1945 et 1975. Les infrastructures sont inadaptées dans le
département des Deux-Sèvres. La production de pièces de décolletage
est destinée aussi au service après vente et non plus uniquement à
l’industrie automobile. Les commerciaux encouragent les
garagistes à mieux s’équiper en outillage automobile moderne
et suivent leurs approvisionnements. Dans l’atelier de
décolletage, rue Langlois à Niort, un service de rectification de
pièces moteur est créée. Les garagistes apportent leurs chemises
amovibles ou leurs vilebrequins usagés à rectifier à la cote
réparation. L'année 1956 marque le retour de la crise dans le
domaine de l'automobile. En effet, suite à la nationalisation du
Canal de Suez, les prix des carburants s'envolent. Quelques années
après, Monsieur Pointard de Paris ferme l’atelier de
décolletage. Les pièces de décolletage faites dans les pays de
l’Est ont un coût moindre à la production. Une grande partie
du personnel est licencié. Il conserve le service de rectification
de pièces moteur. Le réseau routier des Deux-Sèvres et de la
Charente Maritime manque de garages et de stations service. Les
Anciens Établissements A.Binet ont acquis un magasin à Saintes
(17), dirigé par Jacques Claudeville, pour équiper les nouveaux
garages et stations service, d’outillage automobile, pont
élévateur, équilibreuse de roue... En 1964, Monsieur Pointard du
siège de Paris prend sa retraite et laisse derrière lui une
entreprise florissante. Un nouveau directeur général est nommé aux
Anciens Établissements A.Binet, malheureusement l’entreprise
florissante n'aura été finalement qu'un feu de paille puisqu'elle
est mise en liquidation.
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Bibliographie
1 - Impacts du STO: La Société Niortaise de Constructions
Mécaniques (SNCM) de Niort, qui travail pourtant pour les
Allemands, 118 ouvriers requis pour Todt ou pour le Reich sont
employés avec des faux papiers et en antidatant la date
d’embauche, de même que 19 permissionnaires défaillants.
(source partielle: “La Résistance dans les
Deux-Sèvres”, La Crèche, Michel Chaumet, Geste
édition).
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